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LE GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE
LAURÉAT DU PRIX D’ATELIER 2026 DE LA FONDATION SIGNATURE




Mardi 12 mai, se tenant au sein de la bibliothèque du Petit Palais - musée des beaux-arts de la Ville de Paris, huit ateliers étaient en lice pour le Prix d’Atelier, costumes des arts de la scène 2026 de la Fondation Signature, offrant au jury une matinée aussi riche que passionnante. À l’issue des délibérations, l’atelier du Grand Théâtre de Genève a été désigné lauréat en 2026. Les ateliers de l’Opéra de Rennes, du Capitole de Toulouse, de l’Opéra de Lille, et de l’Opéra Comique sont les finalistes de cette cinquième édition.


Une qualité des présentations unanimement saluée. Ce fut une belle occasion de découvrir des équipes talentueuses, proposant des projets très différents, avec des visions, des savoir-faire d’une grande diversité. La qualité des présentations collégiales a été unanimement saluée. On y ressent l’émotion des équipes, leur investissement et la fierté de défendre leur projet. C’est précisément ce que ce Prix cherche à mettre en lumière : le travail d’un atelier, d’une équipe, de toutes les forces vives qui œuvrent ensemble pour donner vie à des créations.




Lauréat : l’atelier costumes du Grand Théâtre de Genève | Pour la production d’Idoménéo, le jury a salué l’audace d’utiliser des matériaux non conventionnels comme la feuille de pierre travaillée en origami pour en faire vêtements et accessoires souples, la pâte Fimo pour la création de bijoux, ou encore le cuir façonné sur mesure pour les chaussures. Ces réalisations témoignent d’une véritable interdisciplinarité entre métiers d’art. Le jury a également été marqué par la capacité de cet atelier à mobiliser intelligemment ses moyens : si la maison dispose de ressources confortables, elle sait les mettre au service d’une vision ambitieuse. L’équipe de cet atelier sait parfaitement conjuguer maîtrise technique et esthétique et le travail présenté a été unanimement apprécié, révélant ainsi sa grande qualité.



Idoménéo, de W.A. Mozart, mise en scène et chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui, costumes Yuima Nakazato, scénographie Chiharu Shiota, une création du Grand Théâtre de Genève (2024).
Idoménéo, de W.A. Mozart, mise en scène et chorégraphie Sidi Larbi Cherkaoui, costumes Yuima Nakazato, scénographie Chiharu Shiota, une création du Grand Théâtre de Genève (2024).

Le jury 2026 était composé de Hubert Barrère, directeur artistique de la Maison Lesage, Carole Bellemare, journaliste au Figaro, Lyne Cohen-Solal, présidente du Fonds pour les Ateliers de Paris, fondatrice des Ateliers de Paris, Nathalie Gaillard, directrice du Musée de la Chemiserie et de l’Élégance Masculine, Aziza Gril-Mariotte, directrice du Musée des Tissus et des Arts Décoratifs de Lyon, Caroline Guiela Nguyen, directrice du Théâtre National de Strasbourg, Nathalie Harran, créatrice de costumes historiques, Natalia Logvinova Smalto, fondatrice et présidente du jury, Raphaële Martin-Pigalle, conservatrice en chef du patrimoine, Petit Palais – Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Janaïna Milheiro, artisane-designer, plumassière, Esclarmonde Monteil, conservatrice en chef du patrimoine, Service des Musées de France, Frédéric Pérouchine, directeur de la Réunion des Opéras de France, Delphine Pinasa, directrice du Centre national du costume de scène, Aude Vuiller, chargée de mission Design & Mode – DGCA, ministère de la Culture.




Les mots du jury...

« Le Prix d’Atelier s’impose, année après année, comme une reconnaissance incontournable pour les équipes des Opéras et des Théâtres qui y participent. L’édition 2026 a une nouvelle fois témoigné de l’excellence des candidatures, nous plongeant au cœur d’un artisanat vivant et exigeant.

Les auditions, toujours plus maîtrisées, ont permis à chaque équipe de nous faire entrer dans son univers avec passion. Les savoir-faire mis en lumière lors de cette sélection sont d’une richesse remarquable et méritent pleinement d’être salués et récompensés. Ce Prix rappelle avec évidence l’importance de valoriser chacun de ces métiers d’art de la mode, afin d’éveiller les vocations et de transmettre aux plus jeunes la passion de ces professions d’exception. »

Les finalistes




L’Opéra de Rennes (1er finaliste)

L’Atelier de l’Opéra de Rennes a séduit le jury par la cohérence de son approche sur Lucia di Lammermoor. L’ambition était claire : être au plus proche de la vision musicale originelle de Donizetti. La direction artistique mise en œuvre par Simon Delétang et Pauline Kieffer pour les costumes leur confère une dimension de véritables objets narratifs, à mi-chemin entre la haute couture et le costume d’époque. Le choix du doupion de soie noir et rouge, directement inspiré du tableau Judith et Holopherne du Caravage, a été très apprécié par les membres du jury, tout comme la fraise, réalisée à partir de cordes de piano et d’organza de soie, ce qui témoigne d’une belle technicité. Le jury a également apprécié l’osmose évidente entre l’atelier et le metteur en scène : une relation de confiance et d’écoute qui donne vie à un discours artistique abouti.

Costumes présentés : Lucia di Lammermoor de Gaetano Donizetti, création à l’Opéra de Rennes (2026), direction musicale Jakob Lehmann, mise en scène Simon Delétang, costumes Pauline Kieffer.




Le Capitole de Toulouse (2e finaliste)

L’Atelier du Capitole de Toulouse a touché le jury par son énergie collective. À travers leur travail sur les costumes du ballet Les Trois Mousquetaires, ils ont su relever un défi : réinterpréter l’esprit du XVIIe siècle façon haute couture contemporaine, tout en répondant aux contraintes inhérentes au ballet : praticité, liberté de mouvement et confort des danseurs. La recherche iconographique à partir des gravures d’Abraham Bosse, confère à cette vision contemporaine une assise historique solide et remarquée. L’élégance des personnages de Milady et du Cardinal, avec leur costume mêlant couleurs en vogue sous Louis XIII et inspirations pop a été soulignée par les membres du jury. Enfin les chapeaux des Carmélites, conçus pour des interprètes aussi bien féminins que masculins, sont la preuve d’une belle ingéniosité dans le choix des formes et des matières.

Costumes présentés : Les Trois Mousquetaires, création du Capitole de Toulouse à venir en décembre 2026. Musique Camille Saint-Saëns, mise en scène Benjamin Pech, scénographie Ignasi Monreal, costumes David Belugou.




L’Opéra de Lille (3e finaliste)

L’Atelier de l’Opéra de Lille a convaincu le jury par l’intelligence de son travail. Pour la production La Chauve-Souris de Strauss, c’est la robe d’inspiration XIXe siècle, coupée en taffetas puis peinte après montage selon l’esthétique de l’artiste peintre Rothko, qui a particulièrement retenu l’attention. Cette technique de peinture appliquée directement sur le tissu révèle un vrai sens artistique et une belle maîtrise du savoir-faire artisanal. Le jury a également été séduit par la complétude et la cohérence de l’ensemble : les chaussures, réalisées à partir des chutes de tissu des robes, témoignent d’une démarche vertueuse. Les teintures et peintures entièrement réalisées en atelier, ainsi que la fabrication des masques, témoignent d’une production qui fut une véritable aventure humaine, un investissement collectif qui a été très apprécié par les membres du jury.

Costumes présentés : La Chauve-Souris de Johann Strauss fils, mise en scène et costumes Laurent Pelly, collaboration aux costumes Elsa Bourdin, à l’Opéra de Lille (2024).




L’Opéra Comique (4e finaliste)

L’atelier de l’Opéra Comique a présenté au jury la robe de Clara, repensée à partir de la production Nuit sans Aube créée à Berlin. Cette création, dont la réalisation a été apprécié par l’ensemble du jury a demandé 400 heures de travail, témoigne d’un savoir-faire d’excellence. En effet, le nid d’abeille a été réalisé à la main, les deux tulles fondus et enclavés, brodés de fleurs conjuguent prouesse technique et artistique. Le choix de la couleur, la sélection des matières, la finesse de la confection, rien n’a été laissé au hasard. Le jury a qualifié cette robe de véritable “œuvre d’art”, dépassant le simple cadre de la production lyrique pour atteindre une dimension proprement artistique.

Costumes présentés : Nuit sans aube, composition et direction musicale Matthias Pintscher, mise en scène James Darrah Black, costumes Molly Irelan, œuvre lyrique créée à l’Opéra Comique (2026).


La présentation des costumes aux membres du jury. © FS
La présentation des costumes aux membres du jury. © FS
« Pour cette cinquième édition du Prix d’Atelier, j’ai été particulièrement touchée par l’évolution de la qualité des dossiers et par l’engagement des équipes qui ont présenté leur travail devant le jury. Ce prix a, selon moi, quelque chose de très précieux : il rassemble autant de grandes maisons d’opéra et de théâtre que des ateliers plus modestes, parfois composés de seulement quelques personnes, mais animés par la même passion et la même exigence.
J’apprécie tout particulièrement la manière dont les candidats viennent défendre leur travail pendant les délibérations : avec les costumes, les matières, les détails techniques, parfois accompagnés des créateurs eux-mêmes. Cela permet de comprendre toute la réflexion, les contraintes, les échanges humains et artistiques qui se cachent derrière chaque création. Derrière un costume, il y a toujours une équipe, une intelligence collective et énormément de savoir-faire.
Cette année encore, les questions de transmission, de formation, de budgets, de réutilisation des costumes ou encore de collaboration entre ateliers ont occupé une place importante dans les échanges. Ce sont des sujets essentiels, car ils touchent directement à l’avenir de ces métiers et à leur capacité à continuer de vivre et d’évoluer.
C’est aussi pour cette raison que la Fondation Signature a souhaité, cette année, faire évoluer la manière de remettre les prix. Contrairement aux habitudes, nous avons décidé d’aller vers les ateliers, avec les membres du jury, afin de remettre les distinctions directement sur place, au cœur même de leurs lieux de création. Il nous semblait important de rencontrer les équipes dans leur environnement de travail, de valoriser leur quotidien et de créer, au plus près d’eux, ce moment de reconnaissance et de mise en lumière. »

Natalia Logvinova Smalto, présidente-fondatrice de la Fondation Signature.



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